0
Posted 22 janvier 2012 by zast in Interview
 
 

Interview de Jelly


 

Jelly

 

Présentation rapide :

Grenobloise de 21ans, Jelly est une chanteuse rock aux multiples facettes qui trouve son inspiration dans l’univers qui l’entoure et la culture Japonaise.

Elle compose la musique, écrit les paroles et les chante, c’est une artiste complète qui a su créer un style atypique. En effet, ses textes en Japonais, Français et Anglais donnent une certaine dimension à ses chansons qui peuvent sembler bizarres au premier abord. Mais passé le cap de la langue, elle nous livre des mélodies très Rock qui n’ont rien à envier aux autres groupes.

Vous pourrez vous en rendre compte tout simplement en écoutant son premier album « Himitsu’Genzô » ou en parcourant des vidéos de ses concerts facilement trouvable sur la toile.

N’en doutez pas, cette jeune artiste survoltée, joyeuse et au grand cœur est très proche de son public, elle donne et partage beaucoup comme vous pourrez vous en rendre compte dans cette interview ou si vous avez l’occasion d’aller la voir.

 

Présents :

–          Jelly

–          Sa manager

 

Interview :

C.A : Vous écrivez vous-mêmes vos texte  et la musique, pourriez-vous nous dire un peu ce que raconte vos chansons ?

Jelly : Elles parlent de la vie, de moments difficiles pour moi ou mes proches. Concernant la musique je travaille avec des musiciens professionnels, je les dirige pour que la musique sonne comme je le veux, les musiciens n’ayant pas de connaissances particulières sur le Japon.

 

C.A : Où trouvez-vous l’inspiration pour écrire vos chansons ?

Jelly : La musique vient en premier, j’arrive mieux à m’exprimer via la musique qu’avec les textes. Je m’inspire de tout ce qui m’entoure, au jour le jour, des sons dans la rue au Japon par exemple, vu que j’y ai séjourné 2 mois. Pour les paroles, je m’inspire de ma vie ou de celle de mes proches au quotidien.

 

C.A : Pourquoi le Japonais comme langue dans vos chansons (malgré des interventions en français et en anglais) ?

Jelly : Premièrement parce que j’adore le Japon et donc le Japonais, je trouve la langue plus agréable à chanter, plus malléable au niveau des syllabes et de la sonorité. J’arrive mieux à m’exprimer avec le Japonais qu’avec le Français. Deuxièmement parce que l’expression artistique au Japon est énormément mise en avant, il n’y a pas de règles, pas de tabous, ils sont plus libérés et plus libres, et ils font absolument tout ce qu’ils veulent au niveau artistique.

 

C.A : Rencontrez-vous des difficultés à mélanger vos origines Celtes sur du rock avec des textes en Japonais ?

Jelly : Tout est possible, mais il est plus difficile de mélanger le Rock et les racines Celtes que le Rock avec le Japonais. J’ai plus de connaissances sur la culture Japonaise que Celte. C’est un challenge dans la musique : j’aimerais innover en mélangeant tout cela, proposer quelque chose d’artistiquement nouveau.

 

C.A : Le contraste est intéressant entre la rythmique Rock et la langue Japonaise, comment arrivez-vous à donner du relief à votre musique ?

Jelly : Le Français est plus pratique pour l’exactitude des mots, la précision, et puis ce sont mes origines donc j’y tiens. J’ai justement peur d’avoir trop de relief, j’aime beaucoup de styles de musique différents. Cela se ressent dans la différence qu’il y a entre chacune de mes chansons.

 

C.A : Pourquoi le pseudonyme de Jelly ? Qu’est-ce qu’il signifie pour vous ?




Jelly : Le pseudo est tout frais, à l’origine mon nom d’artiste était Himitsu Gensô (le nom de son album) mais sa signification est trop différente de ce que je suis, ce que je renvoi comme image. J’aime beaucoup « Jelly » car ça représente le dynamisme, la joie de vivre etc…

 

C.A : Vous arborez un look particulier, est ce que vous pouvez nous expliquer d’où il provient et ce qu’il est ? Est-ce que vous êtes habillés de la même façon tous les jours ?

Jelly : Je suis très influencée par le Visual Keï, mais je m’inspire de tout ce qu’il y’a autour de moi pour créer mon look. Je suis souvent obligée de me canaliser sinon il y aurait trop de « saut » de styles. Je suis assez libre dans mon look qui se rapproche aussi du style Gyaru. Au jour le jour cela dépend, je passe beaucoup de temps chez moi donc je suis souvent habillée décontractée et parfois en pyjama (rire), d’autres moments j’ai envie de m’habiller et me maquiller comme si je montais sur scène. Sinon quand je sors mon style est plutôt Visual Keï mais en plus sobre.

 

C.A : Envisagez-vous une carrière au Japon? Une carrière en France ?

Jelly : Je n’ai pas encore pu faire de concert au Japon, je suis allée là-bas d’abord pour me faire des contacts, me faire connaître un peu. J’aimerais faire plus de concerts en France pour le moment et étendre ma musique à la scène internationale par la suite. Je pense peut être rencontrer des difficultés au Japon car ils sont assez chauvins, ce qui est un trait de culture similaire à la France. Mais j’y crois et je donnerai tout pour y arriver car c’est une véritable passion.

 

C.A : Comment avez-vous perçu le drame du Tsunami et de Fukushima ? Est-ce que ça a eu un impact sur votre musique ? Avez-vous essayez de soutenir le Japon à votre manière ? Si oui laquelle ?

Jelly : Je devais me rendre au Japon quelques jours avant la catastrophe et mon avion a été annulé. Ca a été très difficile, c’était comme être loin de quelqu’un de sa famille qui est souffrant. Je me suis ensuite vite reprise en main, et j’ai fait des concerts afin de donner les gains à des œuvres de charité pour la catastrophe. J’ai pris du temps pour réécrire à nouveau, c’était trop frais j’avais besoin d’intérioriser tout cela. C’était important pour moi de faire ressortir dans la musique tout le soutien que je souhaite apporter au Japon. J’ai d’ailleurs écrit les paroles d’une chanson à ce sujet mais je n’ai pas encore réussi à composer la musique qui va avec, bientôt je l’espère.

 

C.A : Votre concert va bientôt démarrer, le trac ?

Jelly : C’est mon premier concert ici et le seul trac que j’ai c’est celui de ne pas connaître le public. J’ai vraiment hâte et envie de monter sur scène. Je me sens équilibrée avec le trac car je le ressens comme une chose positive, je m’en sers et il m’aide.

 

C.A : Depuis que vous faites de la scène, quel est votre meilleur souvenir ?

Jelly : Chaque prestation est différente, je suis contente de voir qu’au fur et à mesure les gens connaissent et reprennent mes paroles ou ma chorégraphie sur « Funky Girl ». Je n’ai pas de meilleur souvenir sur scène pour le moment. En dehors de la scène, c’est au premier concert de l’artiste Miyavi, mon déclic part de là, c’est à ce moment-là que j’ai eu envie de faire chanteuse, que je me suis dit « c’est ça que je veux faire ! »

 

C.A : A contrario un pire souvenir ?

Jelly : J’ai voulu rendre hommage à Miyavi en reprenant une de ses chansons pendant un de mes concerts, j’avais beaucoup travaillé mais rien n’a marché correctement : j’ai chanté la mauvaise partie de la chanson sur la mauvaise partie de piano. Le public n’a rien noté et a trouvé ça très bien mais ça a été dur pour moi car j’ai vraiment été touché personnellement par cet échec.

 

C.A : Quels sont vos groupes artistes préférés ?

Jelly : X-Japan, Miyavi, Marilyn Manson à qui je dois mon second déclic, System of a Down, Lady Gaga car elle est libre et fait ce qu’elle veut, Nirvana et beaucoup d’autres. Ce sont mes artistes préférés car je les trouve intemporels et je voudrais faire la même chose qu’eux. J’essaie de lier le côté rebelle avec le côté « faire passer un message ».

 

C.A : Des futurs projets ? Dans la musique ou ailleurs ?

Jelly : J’aimerais faire des chansons de tous les genres, chantées en Anglais, Français et Japonais. Je veux écrire plus en Japonais qu’en Anglais et Français. J’aime ce que je fais actuellement donc je continue comme ça pour le moment.

 

C.A : Un message pour vos fans français ?

Jelly : Il faut dépasser les préjugés, le plus important reste la musique, que ça soit du Rock, de la Pop ou tout autre. J’aimerais pouvoir faire découvrir ma musique à tout le monde.

 

Retour au sommaire de la Japan Touch 13ème Edition


zast