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Posted 21 septembre 2013 by Fabien Brajon in Interview
 
 

Conférence de presse Ma vie avec Liberace Cannes 2013



photo FB

Steven Soderbergh, Matt Damon, Michael Douglas, Richard LaGravenese et le producteur Jerry Weintraub étaient le 21 mai dernier à la conférence de presse du biopic sur Valentino Liberace, Ma vie avec Liberace (Behind the Candelabra).

Basé sur le livre Behind the Candelabra de Scott Thorson (joué par Matt Damon), Ma vie avec Liberace a été produit par HBO, rejeté par les studios hollywoodiens.

A propos de Liberace :

Le producteur Jerry Weintraub : Je suis le seul suffisamment âgé ici pour l’avoir connu personnellement. Il était très connu aux Etats-Unis. Il menait une vie extraordinaire, à part ce secret (son homosexualité) qu’il devait garder. Il ne pouvait en parler à cette époque aux USA. Il avait un énorme public, beaucoup de femmes l’adoraient et juste avant de mourir tous ces spectacles étaient vendus, il ne restait plus un seul billet. C’était un homme incroyable».

Michael Douglas a rencontré brièvement Liberace quand il avait 12 ans à Palm Springs où son père Kirk avait une maison lui aussi. Il évoque le souvenir mémorable de ce jour ensoleillé où, dans sa Rolls Royce, Liberace avait« beaucoup d’or sur lui, la lumière était réfléchie dans toutes ses bagues, tous ses colliers dorés!». Pour Michael Douglas dont le père a bien connu ce personnage exubérant « il était charmant, généreux, il adorait recevoir ». « Il était en quelque sorte le prédécesseur de Elton John, Lady Gaga et d’autres. C’est lui qui peut-être a inventé ce style ».

Steven Soderbergh a parlé à Michael Douglas pour la première fois du rôle de Liberace sur le tournage de Traffic (2000) puis lui a fait quelques années plus tard un « grand cadeau avec ce rôle » (son premier rôle après son cancer).

Le réalisateur déclare pour sa part « avoir été fasciné par la fascination de mes parents vis-à-vis de ce personnage ».




Sur le tournage :

Matt Damon évoque sa nouvelle collaboration avec le réalisateur de Ocean’s eleven : « Pour moi c’est la septième fois que je travaille avec Steven ; même avant de commencer le tournage, je me demandais ce que j’étais en train de faire » mais « du fait de la technologie Steven est allé un pas plus loin que d’habitude » : grâce au site web Pix « le soir rentré chez moi, je regardais ce que nous avions tourné le jour même ». « L’information quand on joue ce rôle c’est ce qu’il y a de mieux et comme ça on peut comprendre le film dans lequel on se trouve ».

Michael Douglas parle ensuite de son rôle : « Le script de Richard (LaGravenese) était fantastique. Liberace était un personnage connu, c’est la première fois que je joue un personnage connu du public». « J’ai demandé à voir des documents filmés de l’époque de Liberace en train de jouer; j’ai essayé de faire comme lui, de le mimer, j’ai essayé de travailler la voix également » et « on a consacré beaucoup de temps à se faire maquiller!».

Steven Soderbergh avait avec ce film pour ambition de « faire quelque chose de réaliste, d’intime et qu’il y ait un lien entre ces deux personnages.

Steven Soderbergh, au sujet de sa retraite:

Le réalisateur qui a remporté la  Palme d’or en 1989 avec Sexe, mensonges et video a annoncé que Ma vie avec Liberace serait son dernier film de cinéma avant un moment : « Je vais faire une pause. Je ne sais pas combien de temps cela fait durer. Je ne peux pas vous dire si c’est mon dernier film, en tout cas je suis fier de ce film. Il y a un lien avec mon premier film : il s’agit de deux personnes dans une pièce, le thème de mon premier film. Sur le plan du style, je pense avoir fait quelques progrès : ma mise en scène est plus claire, plus directe qu’à l’époque ».

Puis Steven Soderbergh donne son avis sur le paysage télévisuel américain notamment les séries TV : « C’est un 2ème âge d’or pour la télévision actuellement aux Etats-Unis. On peut être très ambigu à la télévision alors ce que n’est pas possible dans un film. En tout cas les films de studios hollywoodiens sont de plus en plus étroits en quelque sorte. Ce n’est pas vrai de la télévision, on peut avoir des programmes sur des personnages, on montre toutes les nuances de la condition humaine. Ce n’est pas possible avec un film. Très sincèrement il y a plus de création à la télévision actuellement ».

Aux dernières nouvelles Steven Soderbergh va réaliser 10 épisodes de la série TV The Knick (l’histoire de médecins dans le New-York de 1900) avec Clive Owen.

Retrouvez ICI notre critique de Ma vie avec Liberace.


Fabien Brajon