0
Posted 3 juin 2013 by Fabien Brajon in Festival
 
 

Conférence de presse de Only god forgives



Kristin Scott Thomas, Nicolas Winding Refn (photo FB)

Deux ans après Drive le réalisateur Nicolas Winding Refn était de retour sur la Croisette pour présenter à la presse, sans Ryan Gosling retenu sur le tournage de son premier film de réalisateur How to catch a monster mais avec l’excellente Kristin Scott Thomas, son nouveau film Only god forgives.

Tout d’abord Nicolas Winding Refn avoue qu’il devait faire Only god forgives avec Kristin Scott Thomas et un acteur britannique mais il a réalisé Drive à Los Angeles et mis Only god sur pause. Au lendemain de la première cannoise de Drive l’acteur en question s’est retiré du projet pour faire The Hobbit. Ryan Gosling qui s’était bien entendu avec Refn sur le tournage de Drive s’est alors proposé pour le remplacer faisant ainsi le bonheur de son réalisateur.

Nicolas Winding Refn qui a développé Only god forgives dans le cadre d’un accord avec Gaumont et Wild bunch pour deux projets donne les ingrédients principaux de sa nouvelle création : « une mère dévoreuse, une relation entre mère et fils et un personnage qui se prend pour Dieu ».

Only god forgives a été tourné en Thaïlande où le réalisateur a tenté de « faire un film sur la réalité et le mysticisme ».

Il décrit le  personnage de Ryan Gosling  comme »un homme dans une sorte de voyage dont il ne connaissait pas le but », « lié par un lien invisible avec sa mère » qui est pour lui « une sorte de malédiction ». Pour se défaire de cette malédiction, sur le schéma des contes de fées utilisé pour Drive et Le guerrier silencieux avec « des univers entre paradis et enfer », il va devoir faire acte de violence.




Nicolas Winding Refn s’exprime ensuite sur le sujet de la violence très présente dans son oeuvre : « l’art est un acte de violence, l’art a à voir avec la pénétration, l’art c’est faire parler nos subsconscients et nos besoins. Mon approche est celle d’un pornographe, je fais ce qui m’excite. J’ai un fétiche pour les émotions violentes et les images violentes ». Il ajoute:  » l’art permet d’exorciser bien des choses chez moi et de même pour le spectateur ».

Au sujet de la noirceur et la violence de Only god forgives, Kristin Scott Thomas avoue que « ce type de film n’est vraiment pas ma tasse de thé ». C’est le film Bronson où elle a trouvé « beaucoup d’émotion troublante » qui a convaincu l’actrice britannique de tourner avec Nicolas Winding Refn. Puis elle s’est intéressée à ce « personnage sauvage », éloigné de son registre habituel. Elle révèle que « la confiance sur le plateau permettait de dépasser les tabous et les barrières ».

Sur sa mise en scène, Nicolas Winding Refn dit avoir disséminé des images subliminales un peu partout pour créer « une dimension off où les choses semblent réelles alors qu’elles sont irréelles ». De plus concernant le mouvement et la composition des plans, il précise : « lorsque le son est absent le mouvement prend de l’importance…j’aime ne pas voir seulement ce qui est à l’avant-plan mais aussi voir ce qui est en arrière-plan ».

Puis Nicolas Winding Refn s’exprime sur l »importance de la musique dans ce film et du karaoké où « chaque chanson correspond à une fable » (la vengeance, le retour chez soi…). Le compositeur Cliff Martinez, présent à ses côtés, lui est reconnaissant de  » l’avoir laissé essayer de raconter cette histoire par la musique » où les influences sont à chercher du côté de la pop music et de Wagner. Il a voulu composer « une musique épique et orchestrale » qui ressemblerait à celle d’un film d’horreur notamment.

Le dernier film de Nicolas Winding Refn est dédicacé à  Alejandro Jodorowsky, un ami qui lui a donné conseil à Paris et qui « a toujours mis dans ses films des créatures mythologiques ». Le réalisateur avoue être « fasciné par ce type de langage cinématographique qui dépasse toutes les conventions » et avoir voulu faire quelque chose de différent de Drive, Bronson et Valhalla rising.

Enfin, au sujet des projets de Nicolas Winding Refn, est annoncé L’Incal, la bd de science-fiction culte de Moebius et Jodorowsky!

Retrouvez ici notre critique de Only god forgives


Fabien Brajon