0
Posted 17 octobre 2010 by zast in Festival
 
 

Lumière 2010 : le compte-rendu en images


Le festival Lumière 2010 vient tout juste de s’achever à Lyon.


Après la présence de Clint Eastwood en 2009, c’est Milos Forman qui fut pressenti pour recevoir le Prix Lumière. Cette récompense honore la carrière d’une figure du cinéma mondial.


Revenons sur le déroulé de l’événement.


Lundi 4 Octobre 2010 à 19H, la Halle Tony Garnier ouvre ses portes laissant des centaines de cinéphiles prendre possession des lieux.

Au programme : Chantons sous la pluie en présence de Stanley Donen. La diffusion de ce chef d’œuvre en a ému plus d’un. Le public tout entier rendait hommage à Stanley Donen au fil des scènes. C’est donc dans la bonne humeur et sous la pluie que les cinéphiles lyonnais ont quitté la Halle Tony Garnier.

 


 

Le festival a réellement commencé le lendemain.

La présence de Bertrand Blier était l’événement de la journée. En effet, ce dernier venait parler des Valseuses que l’institut Lumière a classé dans les « déjà classiques ». La séance affichait complète, les cinéphiles de 7 à 77 ans s’étaient précipités pour voir Blier. C’est la séance où l’on sentait le plus une réelle « intergénérationnalité » chez les cinéphiles. Après le film Bertrand Blier s’est prêté au jeu des confidences, puisqu’il avoue sans difficulté que son film repose plus sur les acteurs que sur le scénario.

 


 


 

Le festival c’est aussi un village au cœur du jardin de l’institut Lumière.

Mardi avait lieu l’inauguration par les invités (people) et les partenaires. C’est avec beaucoup de simplicité que des grands noms du cinéma sont venus se mettre dans la peau des festivaliers. On a donc pu croiser Dario Argento, Laurent Gerra, Xavier Dolan, Vincent Perez, Stanley Donen et sa femme Elaine May et plein d’autres.

 

 

 


 

La journée de Mercredi a commencé avec un magnifique hommage à Jean-Louis Trintignant qui présentait Une Journée bien remplie. Une vague d’émotions planait sur le hangar du premier film. Trintignant était là pour présenter un des rares films qu’il a réalisé. Avec beaucoup d’humour, il nous confiait qu’il aurait dû s’en tenir au travail de comédien et non pas de réalisateur.

 



 

Le festival lumière, un festival pour tous !

La Halle Tony Garnier a été prise d’assaut par plusieurs milliers d’enfants mercredi lors de la diffusion du Roi et L’oiseau de Paul Grimault.

Autres temps forts de cette troisième journée étaient les premières séances de dédicaces. Les dédicaces de Marjane Satrapi et Dario Argento ont fait sensation. Bien que Satrapi était déjà présente l’année dernière, les fans affluaient devant ses livres.

 


 


 

Alors que l’année dernière Asia Argento flânait dans les salles, cette fois c’était le père qui créa le « buzz ». Lorsque le programme de la deuxième édition a été divulgué, les gens ont retenu avant tout la présence de Dario Argento. La preuve en est la projection de Phenomena, à la fin de chaque scène le public applaudissait, hurlait de plaisir. Jamais un réalisateur n’a suscité autant d’engouement depuis l’existence du festival.

 

 


 

En revanche, on ne peut pas nier que le grand nom du festival était Milos Forman réalisateur de Hair, Vol au dessus d’un nid de coucou, Man on the Moon ou encore Larry flynt. Le réalisateur tchèque est arrivé Jeudi et a fait la surprise dès jeudi de présenter Taking Off à l’institut Lumière. Malheureusement, le film n’a pu être diffusé suite au décès malheureux dans la salle d’une sexagénaire suite à un malaise cardiaque. Après ce douloureux événement, il a fallut continuer ce magnifique festival.

 

 

 





 

Chaque jour avait son événement, le vendredi en comptait deux.

En premier la séance de dédicaces de Claudia Cardinale qui a malgré elle évincé les dédicaces des critiques et historiens du cinéma Samuel Blumenfeld et Philippe Garnier.

 

 

 


 

Mais l’événement phare était la nuit de la comédie américaine. Là aussi la Halle Tony Garnier a été envahit par des milliers d’étudiants et autres cinéphiles venus se prélasser devant The Big Lebowski, Un Jour sans fin, Elle et Tonnerre sous les tropiques. Le festival avait tout prévu pour rendre la nuit des plus agréables puisque derrière l’écran des tapis de sol et oreillers étaient mis à disposition des moins vaillants. A 6h, un petit déjeuné a été servi par une équipe de bénévoles assez courageux.

 

 


 

Samedi était le grand jour pour Sir Forman. Malgré un problème de son, la version longue de Amadeus a fait l’unanimité. Dominique Blanc et Emmanuelle Devos ont remis le prix Lumière à un Milos Forman vraisemblablement ému. S’en suit un magnifique discours de Bertrand Tavernier qui semblait lui aussi ému. C’est un cinéaste de la liberté qui a succédé à Clint Eastwood. Forman est reparti avec une médaille de la ville de Lyon et le prix Lumière. C’est donc un homme comblé qui a quitté Lyon Dimanche.

 

 

 


 

 

Contrairement à l’an passé, ce n’est pas un film du réalisateur récompensé qui a clôturé  le festival. Un des grands rendez vous de ce festival était la rétrospective Visconti. Le Guépard précédé d’un discours quelque peu décousu de Claudia Cardinale a mis un point final au festival. Comme à son habitude, Alain Delon a décliné l’invitation.

 


 

 

Voilà pour un contre rendu formel de ce festival.

Mais ce que Cinéalliance a plus particulièrement apprécié dans ce festival, c’est la catégorie « rareté du cinéma américain des années 70 ».


Le cinéma américain des années 70 ou Nouvel Hollywood est l’équivalent outre atlantique de la nouvelle vague française. Le Nouvel Hollywood voit le jour avec des films tels que Le lauréat avec Dustin Hoffman ou Easy Rider de Dennis Hooper. C’est le cinéma de l’Amérique des laissés pour compte. On y trouve des hommes brisés par la guerre du Vietnam, une démocratisation des drogues et du sexe. Les films qui ont fait parler d’eux à cette époque prenant le pas sur les fameuses raretés, sont Voyage au bout de l’Enfer, Platoon ou encore Taxi Driver.

Plusieurs films de cette catégorie ont fait l’objet d’un remake. C’est le cas pour le film The Hearbreak Kid de Elaine May (la femme de Stanley Donen) qui souffrira d’un remake des frères Farelli Les femmes de ses rêves avec Ben Stiller. Elaine May était présente lors de la présentation de son film et c’est avec beaucoup de simplicité qu’elle est venue parler d’un film compliqué à réaliser, qui est totalement passé inaperçu mais n’en est pas moins bon. C’est la seule comédie de cette sélection.

 

 

Si l’on vous dit De battre mon cœur s’est arrêté, vous penserez tout de suite à Jacques Audiard. Audiard a réussi un fabuleux remake du film tout aussi magnifique de James Toback Melodie pour un tueur. James Toback signe là son meilleur scénario et meilleure réalisation, c’est notamment ce film qui révéla le talent de Harvey Keitel.

Tous les cinéphiles passionnés de Nouvel Hollywood ont dû être fortement reconnaissant de la sélection de l’illustre Samuel Blumenfeld.

 


 

 

Contrairement à la première édition, ce festival a tout misé sur la cinéphilie. On était à mille lieux du réalisateur populaire Clint Eastwood. Bien que le cinéma de Eastwood est inscrit dans un véritable patrimoine, mais Milos Forman était moins accessible au spectateur lambda. La rétrospective Luchino Visconti affichait quasi complète avant même le début du festival. Helmut Berger était présent pendant toute la durée du festival mais s’est fait relativement discret.

 

Cette deuxième édition est un sans faute. Thierry frémaut réussi vraiment à rendre ce festival accessible à tous. Bravo et que le show continu.

A l’année prochaine.

 

 

Texte et photos : Nikkyta B


zast