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Posted 29 mai 2012 by Fabien Brajon in Festival
 
 

Master class Philip Kaufman au 65ème festival de Cannes


Le 25 mai le réalisateur américain Philip Kaufman était invité par le festival à donner une master class à l’occasion de la présentation hors compétition de Hemingway and Gellhorn produit par HBO avec Clive Owen et Nicole Kidman, tous deux présents dans la salle pour soutenir leur réalisateur.

Pour son premier long métrange, Goldstein (1963), Philip Kaufman avoue  l’avoir réalisé sans script complet à Chigago avec pour référence Shadows de Cassevetes.

Concernant La Légende de Jesse James (1972) il ne considère pas ce film comme un western mais un « midwestern ». Robert Duvall y  faisait en moyenne  une vingtaine de prises pour chaque scène. Concernant sa collaboration avec les acteurs, Kaufman estiment que »les grands acteurs nous aident considérablement ». Chaque film lui permet d’apprendre des choses.

Remake du Don Siegel de 1956, L’Invasion des profanateurs marque sa première collaboration avec le directeur de la photo Michael Chapman qui officiera sur Les seigneurs (1979) et Soleil levant (1993). Pour Les seigneurs (The wanderers), adaptation du roman de Richard Price (La couleur de l’argent) sur l’histoire d’un gang d’adolescents au début des années 60 dans le Bronx, Philip Kaufman a utilisé des musiques existantes de l’époque.

La consécration vient en 1983 avec L’étoffe des héros, aventure où il est question de »voir comment se comporter sous pression ». Il met l’accent sur « l’excitation dans le fait de réaliser des séquences kinétiques, d’action ».




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photo F.B

Le film suivant, très remarqué, L’Insoutenable légèreté de l’être (1987) est pour lui le début d’une trilogie érotique qui se poursuit avec Henry & June (1990) et se conclut avec Quills (2000). Kaufman révèle à l’époque avoir été contacté par Stanley Kubrick qui sous couvert de compliments sur la scène où deux femmes (Lena Olin et Juliette Binoche) se photographient voulait en fait des renseignements sur l’appareil photo utilisé dans ces plans!Pour cette adaptation d' »un livre brillant de Kundera » il collabore pour le montage avec Walter Murch, monteur attitré de Francis Ford Coppola.

Réalisé en 1990 Henry & June est co-écrit avec son épouse et Henry Miller. Pour ciseler cette photo expressionniste avec le chef opérateur Philippe Rousselot, les prises de vue en extérieur ont été très précises. Philip Kaufman ajoute que l’inspiration a été trouvée dans la réalité de photos, au cours de visites de musées faites fréquemment avec ses chefs op. Pour l’anecdote, avec ce film a été crée une nouvelle censure aux USA, la classification NC-17.

Pour Quills (2000), l’équipe a essayé d’être « aussi précise que possible » pour faire revivre le passé qui a « son odeur, une sorte de texture ».

Après le policier Instinct meurtriers en 2004 il faudra attendre 8 ans pour réaliser un nouveau film, une production TV pour HBO, Hemingway and Gellhorn. Pour préparer ce biopic centré sur la relation amoureuse entre Martha Gellhorn, correspondante de guerre en Espagne pendant la Seconde Guerre mondiale et le célèbre écrivain Ernest Hemingway, Philip Kaufman a visionné pendant une année des films d’époque puis utilisé lors du montage des archives en n&b, de la couleur et des photos qu’on dirait prises par Robert Cappa. Pour figurer le Madrid de l’époque l’équipe a tourné à Auckland avec « un budget limité pour un film que personne ne ferait aujourd’hui, une histoire d’amour entre adultes ». Le réalisateur ne tarit pas d’éloges sur ses comédiens : Clive Owen a pris du poids, étudié Hemingway et est parti sur ses traces (Paris, Cuba…), Nicole Kidman est qualifiée de « génie » pour avoir réussi notamment à prendre toutes les nuances d’élocution de son personnage, du début à la fin de sa vie.


Fabien Brajon